La hiérarchie des normes est représentée par la pyramide de Kelsen, théorisée par le juriste Hans Kelsen : chaque norme doit être conforme à la norme qui lui est supérieure. En droit français, elle s'organise classiquement en quatre niveaux décroissants : le bloc de constitutionnalité, le bloc de conventionnalité (traités et droit international/européen), le bloc de légalité (lois) et le bloc réglementaire (règlements).
Au sommet figure le bloc de constitutionnalité, composé de la Constitution de 1958, de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC) de 1789, du Préambule de la Constitution de 1946 et de la Charte de l'environnement de 2004. C'est la décision du Conseil constitutionnel n° 71-44 DC du 16 juillet 1971 (Liberté d'association) qui a reconnu la valeur constitutionnelle du Préambule, donnant naissance à ce bloc et à la catégorie des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République (PFRLR). La Charte de l'environnement y a été intégrée par la loi constitutionnelle du 1er mars 2005.
Le contrôle de constitutionnalité des lois relève du Conseil constitutionnel (articles 61 et 61-1). La question prioritaire de constitutionnalité (QPC), contrôle a posteriori, a été créée par la révision du 23 juillet 2008 et est entrée en vigueur le 1er mars 2010. À l'inverse, le contrôle de conventionnalité (conformité d'une loi à un traité) relève des juridictions ordinaires : le Conseil constitutionnel l'a refusé dans sa décision IVG du 15 janvier 1975 (n° 74-54 DC). La Cour de cassation l'a admis dans l'arrêt Jacques Vabre (24 mai 1975) et le Conseil d'État dans l'arrêt Nicolo (20 octobre 1989).
Enfin, le système se divise entre droit public (rapports avec l'administration) et droit privé (rapports entre particuliers), distinction qui se reflète dans les deux ordres de juridiction : l'ordre administratif (Conseil d'État) et l'ordre judiciaire (Cour de cassation).
1. Quel juriste a théorisé la représentation de la hiérarchie des normes sous forme de pyramide ?
La pyramide des normes a été théorisée par Hans Kelsen, qui pose que chaque norme doit être conforme à la norme qui lui est supérieure. (Théorie pure du droit (Hans Kelsen) ; cours de droit constitutionnel)
2. Selon le principe de hiérarchie des normes, que doit respecter chaque norme juridique ?
Le principe de hiérarchie impose que chaque norme soit conforme à celle qui lui est supérieure, garantissant la cohérence de l'ordre juridique. (Théorie pure du droit (Hans Kelsen) ; cours de droit constitutionnel)
3. Quelle norme occupe le sommet de la hiérarchie des normes en droit interne français ?
Au sommet de la hiérarchie des normes en droit interne se trouve le bloc de constitutionnalité, auquel toutes les autres normes doivent être conformes. (Conseil constitutionnel (le bloc de constitutionnalité))
4. Quels textes composent le bloc de constitutionnalité français ?
Le bloc de constitutionnalité regroupe la Constitution de 1958, la DDHC de 1789, le Préambule de la Constitution de 1946 et la Charte de l'environnement de 2004. (Conseil constitutionnel (le bloc de constitutionnalité))
5. Quelle décision du Conseil constitutionnel a, pour la première fois, reconnu la valeur constitutionnelle du Préambule de la Constitution, donnant naissance au bloc de constitutionnalité ?
La décision n° 71-44 DC 'Liberté d'association' du 16 juillet 1971 a reconnu la valeur constitutionnelle du Préambule, fondant le bloc de constitutionnalité. (Conseil constitutionnel, décision n° 71-44 DC du 16 juillet 1971 (Liberté d'association))
6. Par quel texte la Charte de l'environnement de 2004 a-t-elle acquis valeur constitutionnelle et rejoint le bloc de constitutionnalité ?
La loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 a intégré la Charte de l'environnement de 2004 au bloc de constitutionnalité. (Loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 ; Conseil constitutionnel)
7. Que dispose l'article 55 de la Constitution à propos des traités régulièrement ratifiés ou approuvés ?
L'article 55 confère aux traités régulièrement ratifiés une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de leur application par l'autre partie (clause de réciprocité). (Article 55 de la Constitution du 4 octobre 1958 (Légifrance))
8. Quel article de la Constitution fixe le domaine de la loi, c'est-à-dire les matières réservées au Parlement ?
L'article 34 de la Constitution énumère les matières dans lesquelles seul le Parlement peut légiférer. (Article 34 de la Constitution du 4 octobre 1958 (Légifrance))
9. Selon l'article 37 de la Constitution, quel est le caractère des matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi ?
L'article 37 dispose que toutes les matières autres que celles du domaine de la loi ont un caractère réglementaire et relèvent du pouvoir réglementaire du Gouvernement. (Article 37 de la Constitution du 4 octobre 1958 (Légifrance))
10. Quelle institution est chargée du contrôle de constitutionnalité des lois en France ?
Le contrôle de la conformité d'une loi à la Constitution relève du Conseil constitutionnel, conformément aux articles 61 et 61-1. (Articles 61 et 61-1 de la Constitution du 4 octobre 1958)
11. La question prioritaire de constitutionnalité (QPC) permet un contrôle de constitutionnalité a posteriori. Quand est-elle entrée en vigueur ?
Créée par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 (article 61-1), la QPC est entrée en vigueur le 1er mars 2010. (Loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 ; article 61-1 de la Constitution ; Conseil constitutionnel)
12. Que permet la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) à un justiciable ?
La QPC permet un contrôle a posteriori : un justiciable peut soutenir, lors d'une instance, qu'une loi en vigueur porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution. (Article 61-1 de la Constitution ; Conseil constitutionnel)
13. Un juge doit vérifier si une loi française est conforme à un traité international (contrôle de conventionnalité). Quelle juridiction est compétente pour cela ?
Le contrôle de conventionnalité relève des juridictions ordinaires ; le Conseil constitutionnel a refusé de l'exercer dans sa décision IVG de 1975. (Conseil constitutionnel, décision n° 74-54 DC du 15 janvier 1975 (IVG))
14. Quel arrêt de la Cour de cassation a admis la primauté d'un traité sur une loi française postérieure, exerçant le contrôle de conventionnalité ?
Par l'arrêt Jacques Vabre du 24 mai 1975, la Cour de cassation a reconnu la primauté du Traité de Rome sur une loi française postérieure. (Cour de cassation, chambre mixte, 24 mai 1975, Société des cafés Jacques Vabre)
15. Par quel arrêt le Conseil d'État a-t-il accepté de contrôler la conformité d'une loi, même postérieure, à un traité international ?
Par l'arrêt Nicolo du 20 octobre 1989, le Conseil d'État a consacré la primauté des traités sur les lois, y compris postérieures, pour le juge administratif. (Conseil d'État, Assemblée, 20 octobre 1989, Nicolo)
16. Comment s'organisent classiquement, du sommet vers la base, les quatre niveaux de la hiérarchie des normes françaises ?
La hiérarchie s'ordonne classiquement en bloc de constitutionnalité, bloc de conventionnalité (traités), bloc de légalité (lois) puis bloc réglementaire (décrets et arrêtés). (Cours de droit constitutionnel ; pyramide de Kelsen appliquée au droit français)
17. Un préfet prend un arrêté qui contredit un décret du Premier ministre. Au regard de la hiérarchie des actes administratifs, quelle norme prime ?
Au sein du pouvoir réglementaire, les décrets sont supérieurs aux arrêtés ; un arrêté préfectoral doit donc respecter le décret. (Droit administratif (hiérarchie des actes administratifs))
18. À quelle catégorie de normes de valeur constitutionnelle renvoie le Préambule de la Constitution de 1946 ?
Le Préambule de 1946 renvoie aux PFRLR, catégorie de valeur constitutionnelle dégagée par le Conseil constitutionnel à partir de la décision de 1971. (Préambule de la Constitution de 1946 ; Conseil constitutionnel, décision n° 71-44 DC du 16 juillet 1971)
19. Quelle est la grande division traditionnelle du droit qui distingue notamment les relations impliquant l'État de celles entre particuliers ?
Le droit se divise traditionnellement en droit public (rapports impliquant la puissance publique) et droit privé (rapports entre particuliers). (Introduction au droit (summa divisio droit public / droit privé))
20. Un litige oppose deux particuliers à propos d'un contrat de vente entre eux. De quelle branche du droit relève-t-il ?
Le droit privé régit les rapports entre personnes privées ; un contrat de vente entre deux particuliers relève du droit privé (droit civil). (Introduction au droit (droit privé / droit civil))
21. Un administré conteste la légalité d'un arrêté municipal devant le juge. De quelle branche du droit relève principalement ce contentieux ?
Les rapports entre l'administration et les administrés, comme la contestation d'un acte administratif, relèvent du droit public, en l'occurrence du droit administratif. (Introduction au droit (droit public / droit administratif))
22. Quelle juridiction suprême juge en dernier ressort les litiges relevant du droit privé (ordre judiciaire) ?
La Cour de cassation est la juridiction suprême de l'ordre judiciaire, qui tranche notamment les litiges de droit privé ; le Conseil d'État coiffe l'ordre administratif. (Organisation juridictionnelle française (dualité des ordres de juridiction))
23. La hiérarchie des normes, souvent représentée sous forme de pyramide, a été théorisée par un célèbre juriste. Lequel ?
La pyramide des normes est l'œuvre du juriste autrichien Hans Kelsen, qui pose que chaque norme doit être conforme à la norme qui lui est supérieure. (Théorie pure du droit (Hans Kelsen))
24. Quel texte se trouve au sommet de la hiérarchie des normes en droit interne français ?
En droit interne, le bloc de constitutionnalité occupe le sommet de la pyramide des normes ; toutes les autres normes doivent lui être conformes. (Conseil constitutionnel (bloc de constitutionnalité))
25. Parmi les textes suivants, lequel NE fait PAS partie du bloc de constitutionnalité français ?
Le bloc de constitutionnalité comprend la Constitution de 1958, la DDHC de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l'environnement de 2004 ; le Code civil est une loi ordinaire. (Conseil constitutionnel (bloc de constitutionnalité))
26. En quelle année a été adoptée la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui appartient au bloc de constitutionnalité ?
La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen date de 1789 et a valeur constitutionnelle au sein du bloc de constitutionnalité. (Conseil constitutionnel (bloc de constitutionnalité))
27. Quelle décision du Conseil constitutionnel a, pour la première fois, reconnu la valeur constitutionnelle du Préambule de la Constitution de 1958, donnant naissance au bloc de constitutionnalité ?
La décision n° 71-44 DC du 16 juillet 1971, dite Liberté d'association, a consacré la valeur constitutionnelle du Préambule de 1958, fondant le bloc de constitutionnalité. (Conseil constitutionnel, décision n° 71-44 DC du 16 juillet 1971)
28. La Charte de l'environnement de 2004 a acquis valeur constitutionnelle grâce à quel acte ?
La loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 a intégré la Charte de l'environnement au bloc de constitutionnalité.
29. Que désigne le sigle PFRLR, catégorie de normes de valeur constitutionnelle ?
Les PFRLR sont les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, dégagés à partir du Préambule de 1946 par le Conseil constitutionnel depuis la décision de 1971. (Préambule de la Constitution de 1946 ; Conseil constitutionnel, décision n° 71-44 DC)
30. Selon l'article 55 de la Constitution, quelle est la place des traités régulièrement ratifiés par rapport aux lois ?
L'article 55 confère aux traités régulièrement ratifiés et publiés une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de la clause de réciprocité. (Article 55 de la Constitution du 4 octobre 1958)
31. D'après l'article 37 de la Constitution, à qui appartiennent les matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi ?
L'article 37 dispose que toutes les matières autres que celles de l'article 34 ont un caractère réglementaire et relèvent du Gouvernement. (Article 37 de la Constitution du 4 octobre 1958)
32. Que permet la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) créée en 2008 ?
La QPC, créée par la révision du 23 juillet 2008 (article 61-1) et entrée en vigueur le 1er mars 2010, permet un contrôle de constitutionnalité a posteriori des lois en vigueur. (Loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 ; article 61-1 de la Constitution)
33. Un justiciable estime qu'une loi française déjà en vigueur viole un droit garanti par la Constitution. Quelle procédure peut-il déclencher lors de son procès ?
La QPC permet à un justiciable de contester, à l'occasion d'un litige, la constitutionnalité d'une loi en vigueur portant atteinte à un droit garanti par la Constitution. (Article 61-1 de la Constitution ; Conseil constitutionnel (QPC))
34. Une loi française semble contraire à un traité international régulièrement ratifié. Qui est compétent pour écarter l'application de cette loi au profit du traité ?
Le contrôle de conventionnalité relève des juridictions ordinaires ; le Conseil constitutionnel a refusé de l'exercer dans sa décision IVG de 1975. (Conseil constitutionnel, décision n° 74-54 DC du 15 janvier 1975 (IVG))
35. Quel arrêt a consacré la primauté des traités sur les lois postérieures pour le juge administratif ?
Par l'arrêt Nicolo du 20 octobre 1989, le Conseil d'État a accepté de contrôler la conformité d'une loi, même postérieure, à un traité international. (Conseil d'État, Assemblée, 20 octobre 1989, Nicolo)